État des lieux

• Le design actuel ne semble pas faire l’unanimité. Il n’a pas fait l’objet d’un choix commun d’une part et par ailleurs, en présentant une silhouette masculine, il ne représente pas l’ensemble de la communauté du lycée, la parité homme/femme n’est pas évoquée.

• À l’origine, la silhouette qui orne la façade du lycée et qui a été déclinée sur un grand nombre de documents n’avait pas vocation à perdurer. Elle a été dessinée d’après une photo pour illustrer une série d’affiches destinée à la journée portes ouvertes 2012 en faisant un clin d’œil à la génération Y et à la communication de la société Apple. Si une réflexion importante a été portée, c’est uniquement sur un événement ponctuel. À l’époque, il s’agissait pour le lycée d’affirmer sa présence sur le périmètre scolaire arlésien et de se démarquer fortement du lycée Jean-Baptiste Dumas en valorisant des filières spécifiques. De là, une communication pour le moins agressive. La ”logotisation“ de la silhouette n’a eu lieu que l’année suivante.

• Il n’y a pas de lien entre le nom du lycée et les éléments graphiques. Ni la silhouette, ni la couleur, ni la typographie n’évoque Jacques Prévert ou son œuvre. Face au totem situé sur le parking, s’élève un géant vert sur la façade vitrée comme dans une situation d’affrontement. Si le lycée avait le nom d’Arthur Rimbaud, la silhouette pourrait évoquer les portraits du poète dessinés par d’Ernest Pignon-Ernest mais elle représente en rien celle de Jacques Prévert.

• Les couleurs utilisées pour la silhouette, le stand et les documents de communications sont issus des revêtements des façades du lycée. Le vert et l’orange sont légèrement différents de manière à correspondre à un standard visuel relatif à l’imprimerie et qui est très différent de ceux utilisés en architecture. Il serait intéressant de savoir quels ont été les motivations du choix de l’architecte.

Projet de création d’une identité graphique

Le projet consiste à créer une identité visuelle pour le lycée Jacques Prévert qui réponde à la réflexion menée pour le projet d’établissement de manière participative avec les membres du Conseil de la vie lycéenne. Les verbes s’ouvrir, grandir, s’épanouir, coopérer, réussir, choisir sont les piliers sur lesquels repose la construction de la démarche créative. Par ailleurs le nom de Jacques Prévert et son œuvre littéraire en sont aussi des éléments constitutifs.

Axes de réflexion

• Est-il possible de relier les six verbes du projet d’établissement avec l’univers poétique de Jacques Prévert en s’inspirant de ses collages. De quelle manière symboliser l’ouverture, la croissance, l’épanouissement, la coopération, la réussite, le choix ? Existe-t-il un symbolisme “à la Prévert”, un imagier poétique ?

• En quoi Jacques Prévert représente particulièrement ce lycée quand 472 établissements en France portent son nom ? Pourquoi sert-il d’emblème de la scolarité ? Quelles sont ses qualités pour qu’il jouxte Jules Ferry, Jean Moulin, Jean Jaurès, Jeanne d’Arc et bien d’autres au palmarès des personnages célèbres qui ont donné leur nom à un établissement scolaire ? D’une certaine manière le nom de Jacques Prévert ne remplace-t-il pas le mot “liberté” au fronton des écoles ?

• Comment relier l’histoire avec l’actualité, l’ancien et le contemporain ? L’esprit de Jacques Prévert est-il une référence intellectuelle active ? Comment réussir le mélange de la poésie et de la réalité ? Quelle connaissance des élèves de second cycle ont-ils de Jacques Prévert ? En quoi son langage influence-t-il notre manière de parler, émancipe-t-il encore notre expression ?

• Quelles sont les applications de la charte graphique : édition, affichage, signalétique intérieure… ? En quoi serait-elle susceptible de renseigner sur le projet d’établissement ? Quel univers graphique créer pour quel message ?